L’Argan ou le trésor du Maroc

21Juin - by Damien - 0 - In Bien Etre Voyage

Utilisée par le peuple amazigh local du Maroc pour sa capacité à aider à atténuer des cicatrices et à apaiser les problèmes rhumatismaux, l’huile d’argan est aujourd’hui l’un des produits de beauté les plus en vogue sur le marché.

Il est largement disponible dans les épiceries de tous les médinas du Maroc, mais la qualité varie, tout comme le prix. Que vous soyez à la recherche de ses pouvoirs de guérison ou que vous ayez besoin d’une nouvelle saveur de noisette pour vos aventures culinaires, voici ce qu’il faut savoir sur l’huile d’argan en provenance du Maroc. Aspects agricoles, écologiques et sociaux côtoient des astuces pour reconnaître l’huile d’argan véritable.

huile d'argan

Un voyage à travers le sable

En quittant Marrakech pour rejoindre Essaouira, votre route croisera des plantations d’agrumes et de palmiers dattiers. Ce sont ensuite des plaines clairsemées qui attirent l’attention des voyageurs. A mesure que se poursuit une route accidentée et poussiéreuse, apparaissent petit à petit de petits bosquets cédant la place à des plantations plus conséquentes. Ce sont des arganiers…

Un arbre synonyme de vie

Trapu avec une large canopée étalée de petites feuilles coriaces entrecoupées d’épines effrayantes, l’Argania spinosa est une espèce ancienne, datant de 65 à 1,8 million d’années et qui pousse dans les sols calcaires de ces semi-déserts.

Malgré les changements climatiques nombreux, les arganiers parviennent à vivre jusqu’à 250 ans. Dotés d’un système racinaire extrêmement profond, ils atteignent plus facilement les nappes phréatiques. Ils colonisent donc les zones désertiques, créent de l’ombre et permettent à d’autres arbres de repousser ! Leur profondeur racinaire les rend également très résistants aux vents violents, restent bien ancrés au sol. Ils ont donc une importance cruciale et vitale contre la désertification et l’érosion des sols. Leurs petites feuilles et les tiges dures aident à réduire la perte d’eau causée par une transpiration excessive.

L’or arboricole

Les arganiers sont fréquemment ornés de chèvres. Celles-ci ont fait longtemps partie du processus de production. Traditionnellement, les chèvres mangeaient les fruits, digérant la graine et laissant derrière elles des grains propres dans leurs excréments. Cette étape de production est maintenant contournée depuis l’usage alimentaire de ce que les berbères locaux considèrent comme de l’or arboricole : l’huile d’argan !

Il faut au moins 50 ans aux arganiers pour atteindre la maturité fructifère. Dans son noyau, une coquille dure composée de graines renferme 60% de la précieuse huile !

Composante de la médecine populaire berbère depuis des siècles, elle est utilisée dans le traitement des affections cutanées, des rhumatismes et des maladies cardiaques. L’huile d’argan a réveillé les industries cosmétique et alimentaire pour ses bienfaits capillaires, notamment. En effet, l’huile d’argan contient 80% d’acides gras insaturés, tandis que des tests en laboratoire ont montré que l’huile

  • a des effets antioxydants
  • neutralise les agents des radicaux libres,
  • protège le tissu conjonctif
  • restaure la couche eau-lipide du cuir chevelu sec
  • abaisse le mauvais cholestérol

Des vertus sociales et écologiques !

Mais extraire l’huile des fruits est une tâche longue et exigeante en main-d’œuvre. Il faut 30 kg de fruits et environ 15 heures de travail pour fabriquer un litre d’huile.

Dans la méthode sans chèvre, on laisse la balle (le fruit) sécher, puis on l’enlève et on l’utilise comme aliment pour les animaux. Le noyau est brisé à la main en le tapotant entre 2 pierres.

  • La coque du noyau peut être broyée et est utilisée dans la production de poterie et pour les grains d’exfoliants cosmétiques pour cheveux lissés et peau imparfaites
  • Les graines sont pressées à froid pour des usages cosmétiques tel que des huiles réparatrices pour cheveux secs ou abîmés
  • Légèrement grillées et pressées pour l’huile alimentaire. La saveur se rapproche de celle de la noisette

C’est dans son domaine vital que la valeur de l’arbre est la plus élevée, tant sur le plan environnemental que socio-économique. Entre 2 et 3 millions de personnes dépendent de l’Argania spinosa comme source de revenus. La majorité sont les Berbères marocains les plus pauvres et surtout les femmes.

L’augmentation de la valeur de l’huile d’argan offre une opportunité d’améliorer le sort des personnes qui en dépendent. En même temps, cela encourage une meilleure conservation de la forêt en reliant directement la qualité de vie à la valeur des arbres. En faisant cela, la forêt d’arganiers aura la chance de faire ce qu’elle a fait pendant des siècles : lutter contre la désertification et l’érosion des sols.

Pour une huile d’argan éthique

Pour être certain d’acheter de l’huile d’argan de manière responsable, voici quelques astuces pour reconnaître sa qualité et son authenticité.

  • La véritable huile d’argan doit être claire, bien qu’un peu trouble, mais de couleur jaune terne.
  • Tout ce qui est trop doré peut indiquer que l’huile d’argan a été mélangée avec d’autres variétés d’huiles pour maintenir les coûts bas. Après tout, 30 kilogrammes de noix sont nécessaires pour produire un litre d’huile.
  • L’huile doit être plutôt légère lorsqu’elle est appliquée sur la peau, et même si la peau ne l’absorbe pas rapidement, elle le fera avec le temps.
  • L’huile qui se lave sous la douche le lendemain n’est peut-être pas de la meilleure qualité ou de la forme la plus pure.
  • Il est préférable d’acheter et de stocker de l’huile d’argan dans une bouteille en verre pour éviter toute contamination par les plastiques.
  • Conserver l’huile d’argan à l’abri de la lumière pour éviter qu’elle ne devienne rance.

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